| Laurent Thareau Tempo colombiano
Pendant le mois de janvier 2004, je suis parti en voyage en Colombie où j’avais prévu de passer trois à quatre jours dans chacune des villes les plus importantes. Mais, dès ma première escale, je suis tombé sous le charme de Cartagena de Indias, une ancienne colonie espagnole située sur la côte des Caraïbes. Attiré par la vie qui anime les rues des vieux quartiers et par ces gens qui vivent de ventes ambulantes, je décidais d’y prolonger mon séjour. Au début j’étais gêné quant à photographier ce peuple empli d’une immense fierté, dans lequel je ne trouvais pas ma place. Mais à force de déambuler dans ces ruelles, le temps me rapprochait de leur intimité et me permettait petit à petit de saisir, avec beaucoup de respect et de complicité, leur « temps » qui s’écoule et se renouvelle quotidiennement. S’en suivent des instantanés pris à Lorica, Medellin, Bogota et sur la route où les militaires assurent la sécurité des itinérants. Le regard est partout, posé sur les bords de
la chaussée, d’où surgi une vierge à qui
les camionneurs offrent les phares de la bienveillance, ou sur un camps
de desplazados (déplacés) où cette femme oscille
entre une nostalgie du passé et un avenir incertain.
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