Festival de la photographie Méditerranéenne 2005


[ EDITORIAL ]

Dans son éditorial de l’an 2000, le sept off concluait que le festival irait plus loin, “il impliquera d’autres villes et villages... des invités prestigieux iront à la rencontre d’un public encore plus large...”

Pari tenu : en 2005, plus de 55 expositions, une vingtaine d’événements (signatures, lectures publiques, musiques et chants, projections, tables rondes) allant de la Seyne-sur-Mer à Gênes, en passant par Antibes, Biot, Vence, St Paul, Nice, St Jean Cap Ferrat, Eze, Cap d’Ail, Taggia, ...

Une guirlande de “vues” choisie dans une constellation de photographes qui ont retenu ce “festival de la photographie méditerranénenne” comme un moment annuel.

Amis italiens ou parisiens, d’origine tchèque ou brésilienne, française ou espagnole, sont venus confirmer l’ampleur de la manifestation née à Nice à la suite de discussions enthousiastes entre les organisateurs.

Autant de cafés à caractère culturel, de restaurants qui s’impliquent dans la programmation, de médiathèques qui poursuivent l’encouragement à la lecture et à la connaissance de l’image, de lieux alternatifs ou de couvents des dominicains, qui reçoivent cette année sur leurs murs le résultat des “carnets de voyage”.

Mieux encore, écrivains et photographes ont fait voisiner leurs approches respectives en documentaristes ou en rêveurs esthètes : Michel et Yuki Goeldlin, Thierry Clech et Philippe Jaenada, sont parmi les voyageurs embarqués. D’autres prennent appui sur des récits inédits lus par des comédiens tels que ceux de la compagnie Rouge Ephémère, récits de Patrick Renzetti ou de Philippe Cardella. Il faudrait citer toute une famille en train de se rassembler durant les cinq prochaines semaines du Sept Off.

Familles est d’ailleurs le thème déjà retenu pour la manifestation 2006. De la famille d’aujourd’hui, désagrégée ou recomposée aux regroupements humains les plus divers, ( bikers, chasseurs, riders, sectes et tribus en tout genre) ...

Que verront nous l’année prochaine ? Rendez-vous est pris pour septembre (off) prochain.

 

[ Présentation Sept'Off 2005]

Avant-propos pour Carnets de voyage du Sept Off 2005
par Denis Chollet

Il existe déjà une abondante littérature sur le voyage. Mais il reste encore bien des récits inédits et des cahiers noirs de photographes blancs où le refus d’être l’uomo turistico domine. Certains fixant le paysage cinémascope à travers les vitres sales d’un taxi où la chemise de lin s’imprègne de l’odeur du jasmin et de celle du chameau... L’illusion du voyage, l’inutilité des réservations, la prise d’otages en pleine torpeur et les tourbillons de poussière enveloppant un foulard de soie très à la mode... tout cela est le voyage. Mais encore ?

Enfant, je faisais l’apprentissage des voyages et des univers pour explorateurs en arrêtant mon regard devant n’importe quelle reproduction. Au mur, sur une boîte de biscuit ou sur les « belles images » de l’Afrique coloniale que l’on nous donnait pour nous récompenser d’avoir bien étudié « sa géographie ». Puis savoir reconnaître les drapeaux des pays m’a conduit à traverser les frontières en ne sachant rien du Caucase ou des Amérindiens. Et tout jeune rapatrié d’Algérie, je dessinais sur des cahiers d’écolier les navires et caravelles qui me fascinaient, tentais médiocrement de retenir les noms savants des voiles et des pièces d’accastillage, voguais à nouveau avec Christophe Colomb, Magellan, Vasco de Gama, Cortès, Cook, La Pérouse, Bougainville. J’inventais tout un monde, circulant des icebergs jusqu’aux moustiques dangereux. J’inventais d’autres batailles navales entre barbaresques et corsaires du roi. Le romanesque de tout ceci prépara mes futurs déplacements, mêlant la fiction au documentaire. Je faisais provisions d’images arrêtées sur des musiques de film sans lendemain.

Ecrivains, dessinateurs ou photographes encore épris du voyage s’efforceront aujourd’hui de ne pas être un étranger en un pays étranger. Toute une imagerie qui va de ce qu’a entendu le routard à ce qu’ont revendus les agences de presse devient un écran opaque qu’il faut traverser, afin d’être un jour l’hôte qui saura échanger, comprendre, être patient. Aux antipodes sont les souvenirs des cravates zébrées exhibées sous les indigènes hilares. Le centre du voyage n’est plus aussi facile à fixer. Mais il est encore permis d’être le héros d’un photo roman, pourchassé par les spirales de vent comme un sarouel errant qui flotterait des îles australes au nombril boréal d’un Occident dont les braises s’éteignent peu à peu. Acteur d’une migration incessante durant laquelle le brin d’herbe trouve irrémédiablement un passage, à travers les interstices du goudron sec, le héros moderne passe d’un méridien à l’autre en dessinant à son gré les frontières, les fleuves et les volcans.

Le pneu calciné d’une voiture abandonnée dans le désert de l’Arizona, l’éclair sur un sabre dans une boutique du Caire, un poisson qui s’échappe d’un filet de pêche aux confins de l’Argentine, Big Ben qui ne sonne plus la même heure à Londres, l’ épaisseur du sirop d’érable coulant sur les bois morts du Canada enneigé... voici un carrousel de souvenirs vrais et parfois faux. Passeport pour les amoureux du planisphère imaginaire, monde réinventé où se confondent minéraux et dignité humaine, flore multicolore et visages interrogateurs.

Monde réinventé comme on guette une étoile filante à travers les bougainvillées grimpant le long des murs de maisons endormies dans Carthage en flammes.

Denis Chollet

 

Règlement du Sept Off

Cotisations :

1/ Membres d’honneur : 100 €
2/ Membres adhérents : 10 €
3/ Adhérents exposants : 50 €

Ces tarifs comprennent :

  • La participation à la manifestation annuelle (sous réserve d’acceptation du dossier),
  • L’ intégration dans le plan de communication,
  • La présence au catalogue (en fonction des documents communiqués),
  • Le suivi du rédactionnel, la biographie du photographe, la liaisons avec des
  • manifestations voisines de la photographie (lectures publiques, tables rondes,
  • signatures, interventions musicales, projections de films…)
  • La présence sur le site web
  • Le choix d’un commentaire littéraire
  • L’adhésion pour un an à l’association

Conditions de participation :

Le photographe s’engage à fournir le matériel sélectionné par les organisateurs. Le transport, l’encadrement, l’accrochage et le décrochage sont à sa charge.

La clôture des inscriptions se fait le 1 juillet. Le comité de sélection se réserve le droit d’accepter ou de refuser les dossiers. Les participants sont responsables du contenu des images proposées au public.

Le comité de sélection est composé d’écrivains, de journalistes, de musiciens, de comédiens, de photographes et de personnalités du secteur de la communication, de l’éducation et des arts graphiques…

Critères de sélection :

L’adhésion au thème annuel, l’originalité du regard, la qualité de restitution, la cohérence de l’ensemble proposé constituent les critères de sélection des œuvres.

Lieux :

Ils sont choisis par les organisateurs dans le but de promouvoir au mieux les exposants.

Vernissages et expositions :

La date du vernissage de l’exposition photographique doit être communiquée aux organisateurs au plus tard le 31 juillet 2005. Elle doit, en tous les cas, s’inscrire dans le cadre des dates prévues pour la septième édition du Sept-Off, soit du 20 septembre au 20 octobre 2005.

La charge du vernissage est à discuter avec la direction du lieu d’exposition. Excepté pour les évènements prévus dans la manifestation, le coût de promotion des vernissages reste à la charge de l’exposant et à l’appréciation des organisateurs. (invitations, affichage, publicité…).

Le programme édité indique les horaires d’ouverture et moyens de transport utiles au public. Il est distribué partout où la manifestation se déroule (galerie, bars, théâtres, cinéma, espaces culturels, etc.)

En cas de dégradation fortuite, il appartient au photographe de justifier la valeur du préjudice auprès des assurances concernées.

Coup de coeur Caisse d'épargne

Attribution d'un prix de 1500 euros au photographe choisi par le jury de la Caisse d'Epargne Côte d'Azur.

Le lauréat 2005 du prix “coup de coeur caisse d'épargne“ est Philippe Gaubert pour ses photos  de Madagascar “Voyage au pays des Fombas“.