VU SUR RUE / Françoise Blondel
Règle des 3 Unités adaptée au médium photographique
Une des caractéristiques du champ de la photographie contemporaine repose sur la diversité des courants qui la traversent et la constituent.
Dans les années 60, sous influence de certains courants Land Art, art conceptuel…... la distinction entre image documentaire et image artistique semble difficile à faire et pré visualise l’entrée de la photographie dans le territoire des arts plastiques.
Actuellement, il existe un clivage qui sépare la photographie dite «orthodoxe », qui se confronte au réel et au social à l’autre photographie, instrument de fiction où se déploie la fascination pour le simulacre et la tentation du récit intime.
Le besoin ressenti par certain photographe à répondre aux évènements de l’histoire collective, ne s’oppose pourtant pas aux expériences traitant de l’intime et du singulier et multiplie les manières dont le visible peut-être présent au regard.
C’est sans compter avec l’avènement des nouvelles technologies (numérique, vidéo, informatique) et son essor fulgurant.
Aujourd’hui on expose de l’image, de la vidéo et du son.
Bien qu’il soit évident qu’une nouvelle ère créative s’ouvre à l’image, cette hybridation peut-elle encore s’appeler Photographie ?
Plus que jamais, au milieu de tous ces outils, c’est l’opérateur qui fera la différence.
Et chacun à notre manière nous exprimeront exceptionnelle complexité de notre adhésion au monde.
VU sur RUE est un travail "inventoriel", une photographie de constat où le concept prime sur le dictat de l’esthétisme.
J’utilise la règle des trois unités : un lieu, une action, un temps (la durée de l’action).
Au 17 siècle elle permettait d’accroître l’efficacité théâtrale en évitant au spectateur de disperser son attention avec des détails comme la multiplicité des lieux, la durée étendue de l’action, l’abondance des événements.
Cette règle est ici détournée de sa fonction première et adaptée au médium photographique.
La scène est volontairement resserrée, le ″cadre″ focalisant le regard, l’intérêt du spectateur sera canalisé.
La forme tableau ne serait pas complète si au-delà des déterminations précédemment énoncées, il n’existait pas l’exigence compositionnelle et plastique, celui de la pure frontalité de la prise de vue et de la rigueur sèche de l’image.
REGLE :
L’unité de lieu : l’action doit se dérouler en un lieu unique. L’espace scénique coïncide ainsi avec le lieu de l’action représentée.
Le lieu : L’entrée de l’hôtel des Cèdres (Bamako) plus communément appelé " chez Georges ″.
Entre les deux piliers : la rue.
L’unité de temps : la durée doit coïncider avec la durée de l’action représentée.
Le temps : Le matin
L’unité d’action : Cela permet de concentrer l’intérêt sur le sujet principal de l’œuvre
L’action : L’affairement des habitants de Bamako, où chacun part vaquer à ses occupations
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