


Pierre Louapre
…le premier village de Marseille
La première fouille de la rue Bernard-du-Bois (2005) a révélé une succession de couches d’habitats constituées par les vestiges de mur de terre crue effondrés.Les sols sont jonchés de débris de silex, de tessons de céramique et surtout de coquillages consommés. L’absence d’autres restes d’animaux pose le problème du site : village installé à demeure ou habitat temporaire de groupes venus effectuer des activités saisonnières sur le littoral marseillais ?
“Gisants“ de Pierre Louapre
“En référence à un genre de la statuaire du Moyen -Âge jusqu’à la Renaissance où l’on représentait le corps du défunt allongé sculpté sur le couvercle du tombeau. On le appelle aussi parfois les “transis“. On les représente aussi avec une ouverture dans le ventre et tendant leurs entrailles entre les mains.“
Gisants donc…
Lorsque je suis revenu sur ce site, après que l’îlot Bernard Dubois eut été détruit, après que des fouilles eurent été faites et les trous laissés à l’abandon, je remarquais dans l’un deux un oreiller, un duvet et une bâche en plastique noire.
Je revins quelques jours plus tard : le lit était fait d’une autre façon….
Je revins peut être un mois plus tard, le lit semblait abandonné, le duvet était plus rigide et presque plus blanc comme du marbre, et de la partie rejetée sur le bord de la fosse on avait plutôt l’impression d’un fœtus. Cette fois le caveau était abandonné comme si en s’extrayant du trou, il avait rejeté un pan de duvet sur le bord de la fosse donnant cette forme fœtale…
Je revins encore plus tard, m’attachais toujours à ce même duvet tirebouchonné de manière si particulière et retombé au fond du trou. Cette fois les feuilles mortes commençaient à recouvrir et l’herbe commençait à envahir le corps…
Plus tard encore ? C’était de plus en plus un gisant, c’était comme bouffé par endroit par la nature, un peu comme une charogne…
C’est alors que quelqu’un s’installe avec sa tente à quelques pas. Il tira le duvet, le lava et le remit à sécher sur le bord de la fosse…
Lorsque je revins, il n’y avait plus qu’un matelas craquelé au fond de la fosse avec -ironie du sort- encore inscrit MARSEI. Le reste avait disparu.
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