[ EXPOSITIONS ]

 

 

 

 

Ma’Miss / Raphaël SCHOTT

 

 

Raphaël SCHOTT / Photographe :

 

La démarche :

La figure humaine est au centre des préoccupations de Raphaël Schott. Il s’intéresse aux traits de gens ordinaires ou sans grades comme des grands noms mais tous estimables.

L'attitude frontale, imposée par le photographe, révèle de nombreux aspects expressifs et sociaux comme la reproduction d'attitudes habituelles, conventionnelles voire stéréotypées. L'immobilité dans la pose comme l’exige l’usage d’une chambre grand format peu s’apparenter à la peinture ou la pose lente était usité pour révéler l'essence des êtres. L'absence d'artifices favorise cette perception.

Seules ou en petit groupe les différentes personnes sont prises dans leur environnement, représentées dans un rapport séquentiel. Cette unité apparente de forme, à l'intérieur de chaque série pourrait s'inscrire dans le sillage de la photographie objective et documentaire de Bernd et Hilla Becher. Mais en revanche les séries de Raphaël Schott s’associent les unes aux autres dans un projet global sans début ni fin. Chaque nouvelle rencontre est un prétexte à un portrait. Une démarche ethno photographique qui rejoindrait plutôt celle de Auguste Sander.

Dans ces portraits la physionomie, les traits de visages ou attitude des individus traduisent malgré eux leurs sentiments et personnalité sans artifice. Ces photographies manifestent la vie intérieure des personnages représentés.

L'humain, la vie l'emportent sur le décor quelque fois neutre ou chargé.

Au travers de ses portraits le photographe interroge sur la place de chacun, le rapport au autres, les notions d'identité et de révélation de soi.

 

Complément concernant uniquement la série Ma’Miss :

J’ai découvert l’organisation du prix de beauté «  Miss Araive » par hasard lors d’un reportage effectué pour un quotidien. Cette rencontre fortuite fut un catalyseur.

D’abord avec un peu de réticence et d’a priori je fus vite retourné par ces miss qui se préparaient à défiler. J’imaginais certainement trouver du ridicule voire un peu de surfait comme il en existe dans d’autres prix de beauté.

Mais voilà que ces dames prenaient cela très sérieusement mais sans complications, comme si elles avaient conscience que leur éclat ne résidait pas forcément dans le stéréotype des canons de beauté habituellement rencontrés sur les podiums avec des candidates plus jeunes.

Tout en étant nerveuses elles dégageaient une grande sérénité apparente, comme si paraître semblable aux autres n’avait plus d’importance. Leur message semblait plutôt être « regardez-moi, je suis belle ainsi avec mes différences », peu être le fruit du travail de toute une vie sur l’acceptation de soi. J’étais ému, elles étaient là valorisées malgré un âge ou le regard se concentre habituellement sur les stigmates de la vieillesse.

L’aventure de ces prétendantes à la couronne en s’acceptant soi même au détriment du paraître illustrent parfaitement la maxime de Pindare reprise par Nietzsche « Deviens ce que tu es ». J’ai su qu’il était important d’entamer une série photographique avec ces dames, je l’ai intitulé Ma’Miss.

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