ALGER, Années 2000
Alger est une ville méditerranéenne. La France y a laissé une empreinte surtout celle de sa langue mais aussi de son architecture. On y flâne, on y commerce, on y parle d’amour, on y rêve. Comme partout. Le charme de cette ville bruyante et vivante m’est apparu quand tout semblait arrêté, à la fin du jour sur le port, dans la lumière décrite par Albert Camus dans « Noce ». Ou dans l’attitude immobile de jeunes assis sur une barrière quand des nuées de voitures assourdissantes passaient à leurs pieds. J’ai eu aussi l’impression d’un décor de théâtre en regardant ces femmes sur leur terrasse, balcon donnant sur la casbah dégringolant sur la mer ou à Staoueli devant ces hommes conversant à leur porte. Et dans ce décor les acteurs se prenaient pour des autochtones.
Alger vaut le détour. Sait-on que cette ville est si proche? Sait-on qu’on y parle de Houellebecq comme de Yasmina Kadra ? Si la France a un peu oublié l’Algérie, l’Algérie n’a pas oublié la France. C’est ce que j’ai ressenti lors de mes nombreux voyages dans la ville de mon enfance.

