Editorial
Kathy Remy
# 13 / Passe-[ports] méditerranéens
Ils se pressent sur ses bords, mais pour lui tourner le dos, car ce qu’ils regardent ce sont d’abord les autres la regardant, ou sans égard pour elle vaquant à leurs petites affaires, pétrole, gaz, tourisme, ou se préparant à en mener de grandes sous le regard cette fois augmenté du monde, qui enfin semble les voir pour peu que quelques cadavres jonchent ses villes qui cependant ne sont pas toujours portuaires car le port fut avant tout un comptoir et la plage interdite quand jadis on ne nageait pas préférant pour échapper aux razzias et aux tempêtes le refuge des collines,
Mais c’est à la couleur qu’elle doit cette nouvelle fascination, non plus celle des Orientalistes associée à la chromatique de la chair, au kohl, aux teintures,
Mais peut-être à la palette de Matisse ?
Ou à la simple chimie photographique qui fait se lever le voile sur la Méditerranée ou plus près encore le mouvement des hommes saisi par téléphone,
Que nous trouvons ici débordant d’énergie, qu’ils agitent des serviettes de bain ou des drapeaux, qu’ils la traversent plus courageux qu’Ulysse, qu’il y échouent piétons ou nageurs,
Quand ils débordent ce que les autres nomment frontière ils ne font que répondre à la célèbre ronde « si tous les enfants du monde… » et donnent forme à l’idée d’une île bleue, qu’on ne traverse que dangereusement mais dont la fluidité autorise une vision de bord à bord, de proche en proche,
Que j’élargirais, mer bleue nourrissant mer noire, en un territoire dont j’égrène ici les noms, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Palestine, Israël, Liban, Syrie, Chypre, Turquie, Grèce, Bulgarie, Roumanie, Moldavie, Ukraine, Russie, Géorgie, Turquie, Grèce, Albanie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Croatie, Slovénie, Malte, Italie, Monaco, France, Espagne, Gibraltar… et ses îles si nombreuses dont les rivages multiplient les points de vue.
On voit d’ici l’intérêt d’un passeport pour la Méditerranée, d’un renouveau du cabotage ou d’un train circulaire à grande vitesse ….
Du grain à moudre pour de futurs sept-off !
Katy Remy
SEPT OFF 2011 #13
Festival de la Photographie méditerranéenne
Du 23 septembre au 23 octobre 2011
Après « Errances » en 2010, le Sept Off s'approprie véritablement son identité méditerranéenne en signant son édition 2011 : Passe – [Ports] méditerranéens.
Depuis 13 ans, le Sept off œuvre à la promotion de la photographie régionale. Il organise chaque automne la grande fête de la photographie : de Gènes à Marseille, sur le littoral ou dans les villages de l’arrière-pays, le Sept off a présenté le travail de jeunes photographes prometteurs (noms) ou d'artistes reconnus (noms) dans des espaces culturels dédiés à l'image mais aussi dans des lieux parfois inattendus, affirmant constamment sa vocation à faire de la Photographie un médium accessible à tous les publics, favorisant échanges et rencontres autour d'expositions, projections, conférences, croisements artistiques. Il organise également le PhotoMarathon de Nice.
Cette année, le Sept Off se tourne vers l’horizon méditerranéen avec pour port d’attache Nice et pour destination le bassin de la mer Méditerranée, ses ports, ses cultures, ses habitants et les préoccupations communes qui les relient.
Nous avons voulu partager ce thème de Passe – [Ports] méditerranéens avec les artistes contemporains du groupe No-made* sur un cycle de deux ans.
Photographes et plasticiens vont porter un double regard, jouer de connivences et de contrastes dans des lieux différents ou partagés.
Une édition axée sur l’échange et la pluriculturalité
Passe – [Ports] méditerranéens offre de multiples déclinaisons au regard de nos photographes.
Il s’agit avant tout d’un regard d’auteur, plutôt que d’illustrateur, à la fois personnel et tourné vers l’autre.
La notion d’échange est primordiale, c’est le fil conducteur qui doit permettre à des artistes venant d’autres pays méditerranéens de venir exposer à Nice, mais également de présenter des expositions régionales dans ces pays.
Préoccupations communes (écologie, migration, vie quotidienne…) ou différences culturelles, sont les thématiques sous-jacentes que nous aimerions présenter au public.
Par le partage ou la différence, le Sept off veut faire rayonner la photographie à partir de Nice, à travers l’échange, le voyage et l’hospitalité pour ébaucher l'identité ou plutôt, les multiples identités méditerranéennes.
* No-made réunit les sculptures, installations et performances d'artistes plasticiens principalement lors des deux installations de groupe en extérieur dans des cadres exceptionnels : l'un à la Villa le Roc Fleuri à Cap d’Ail en septembre et l'autre à l'Arboretum de Roure en octobre.
Le Festival de la photographie méditerranéenne
Organisé depuis treize années par l’association du Sept Off, entièrement basée sur une structure associative loi 1901. Créé en 1999 sous la présidence Robert Matthey, Jean-Claude Fraicher (directeur artistique) et Laurent Colonna, photographes niçois. Le Sept-off a été conçu comme le pendant « off » du « Septembre de la photo » organisé par le Théâtre de la photographie et de l’image depuis 1988.
Objectifs et Publics visés
L’objectif principal de l’association est d’enrichir le programme officiel en donnant à voir la création photographique régionale dans toute sa diversité, avec la liberté d'une structure légère qui peut investir des lieux inattendus : aller dans les villages, les friches culturelles, les ateliers, les échoppes, les caves, les murs et les cours... touchant par là, un public averti et/ou lambda, qui pouvait se laisser émouvoir au détour d'une image et s'approprier la vision, la passion du photographe.
Le Sept Off a la volonté persistante d’affirmer la photographie comme étant un médium accessible à tout public, en favorisant les échanges et les rencontres autour d’expositions, de projections, de conférences et de débats.
Et pour répondre pleinement à cette démocratisation de la photographie le Sept Off organise depuis 2006 le Marathon photo de Nice qui rassemble chaque année jusqu’à 200 participants.








